Le vrai monde 31/08/2010
Posted by Guy Pressault in Histoires vécues.Tags: Hydro-Québec, inventeur, La Presse, Pages jaunes, patenteux, Québec
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Hier, je cherchais un artisan capable de fabriquer une courroie de rétention en acier pour retenir une cheminée. Une quoi pour quoi vous dites? Oui, oui, une simple courroie en acier pliée à 4 endroits qui me permettraient de solidifier une cheminée extérieure au mur. Je ne savais pas dans quelle aventure je m’embarquais et encore moins la découverte d’une personne fabuleuse que j’ai pue faire. D’abord, la recherche : pensez-vous que le merveilleux monde du numérique m’aurait permis de trouver un artisan du métal. Ce type de métier est aussi bien référencé que les satanées Pages jaunes qui peine à comprendre qu’on est en 2010. Enfin. Mais, oui le www m’a aidé dans ma quête.
C’est en demandant à un quincailler qui m’a référé à un garagiste qui m’a référé à un atelier de soudure, qui contacté au téléphone, n’avait aucune idée où trouver qu’en googlant soudure locale, j’ai trouvé un atelier qui m’a recommandé un bon vieux monsieur qui pourrait m’aider. Et j’ai appelé le monsieur, monsieur Daigle en fait et qui m’a dit qu’il pouvait m’aider. Je me suis rendu à son atelier, ne l’ai pas trouvé du premier coup, l’ai rappelé et finalement trouvé.
Sa femme, fin soixantaine peut-être m’a accueilli et m’a dirigé vers le fond de l’atelier. Un beau monsieur, un brin bougon, fatigué de son métier, a refait mon croquis de courroie pour la rendre plus solide et s’est mis à la tâche sur le champ. Wow, là en temps réel, interrompant son travail, il s’est mis à couper, plier et souder cette courroie. J’étais comblé mais encore loin de l’étonnement que j’allais vivre. Voyez-vous dans ce vieil atelier où il pratiquait son métier depuis 1959, c’est 51 ans ça, dans cet atelier qu’il cherchait à vendre et que personne ne voulait acheter à moins de se faire financier, dans ce métier qui n’existe plus ou presque, oui dans cet atelier, il y avait un peu du Léonardo da Vinci qui occupait les lieux. Voyez-vous Monsieur Daigle est un inventeur, un patenteux qui devait plier du métal pour vivre mais qui a dessiné deux modèles d’éoliennes qui pourraient être utilisés en milieu résidentiel ou développés pour de plus grands usages; il y avait aussi une chaise volante avec hélices dirigeables avec des normes de sécurité (moteur auxiliaire propulsé à l’air, coussins flotteurs et parachute). Je lui ai demandé s’il avait été tenté de commercialiser ses inventions. Les démarches qu’il a pu faire auprès des services gouvernementaux ont abouti dans des culs-de-sac administratifs qui l’ont découragé. Il en avait contre les Hydro-Québec de ce monde qui consentent des millions à des entreprises étrangères et qui ne facilitent aucunement les idées des gens d’ici.
Est-ce que ces inventions étaient viables? Pour lui, sans aucun doute; pour la société possiblement. Mais l’homme est fatigué et a baissé les bras. Il doit travailler de jobines en jobines pour que son épouse et lui puissent vivre. Je voudrais pouvoir l’aider, et trouver un financement adéquat, présenter ses inventions et les commercialiser. Le temps me manque. S’il y en a parmi vous qui sont intéressés, faites-moi signe.
Il y a des histoires qui se terrent chez nous, comme celle de Monsieur Daigle qui doivent être racontées.
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